Carnets de géologie (Notebooks on geology) · 2008 · 32 citations · 30 references
Natural SciencesEarth SciencesGeologyPaleoclimatologyStratigraphyTectonicsCenozoic PalynologyPalynomorph ClassificationCenozoic PalynostratigraphyChronostratigraphic FrameworksChronostratigraphic ReconstructionChronostratigraphic UnitsChronostratigraphic ZonationCretaceous - Paleogene Boundary PalynologyType Section Definition
Le calendrier géologique en usage actuellement dans le monde pour la partie moyenne du Crétacé a été construit au XIXème siècle, entre les années 1842 et 1847 par Alcide d'ORBIGNY et montre la succession des étages Albien, Cénomanien et Turonien. En 1868, une division chronostratigraphique supplémentaire, intercalée entre l'Albien et le Cénomanien, a été proposée par RENEVIER : l'étage Vraconnien. Ce terme n'a pas été pérennisé et, après avoir été ramené dans un premier temps au rang d'un sous-étage formant la partie supérieure de l'étage Albien par BREISTROFFER (1936), son abandon a été "recommandé" lors du Colloque sur le Crétacé inférieur tenu à Lyon en 1963. On développera la façon dont la "décision" a été prise. \nHistoriquement, le Vraconnien a été étudié pendant près d'un siècle uniquement dans des niveaux condensés de plate-forme, riches en ammonites mais peu épais et qui ne se prêtaient pas à une cartographie. Dans le gisement-type de La Vraconne situé dans le canton de Vaud en Suisse par exemple, le Vraconnien mesure seulement 2 mètres d'épaisseur. La situation est la même en France dans le Nord des Alpes, dans une grande partie de l'Europe centrale, en Russie, en Crimée et jusqu'à la mer Caspienne. \nL'examen d'un certain nombre de coupes réparties dans d'autres parties du monde : dans le bassin du Sud-Est de la France (Salazac, Marcoule, Mont-Risou), dans le bassin anglo-parisien (Folkestone, Merstham, Grandpré), dans le bassin de Mons (Harchies, Strépy-Thieu), sur la marge méridionale de la Téthys en Tunisie centrale (Kalaat Senan), à Madagascar (Diégo) et en Amérique du Nord en Californie (Dry Creek), montre cependant que dans de nombreuses régions du globe, l'enregistrement sédimentaire du Vraconnien est parfois considérable, souvent beaucoup plus important que celui de l'Albien sensu stricto. En outre, le Vraconnien correspond à un événement eustatique global d'une réelle importance entre une transgression albienne et une grande transgression cénomanienne (cycle de 3ème ordre et pic de transgression d'un cycle de second ordre). Enfin il s'agit d'une période d'épanouissement écologique à la fois en ce qui concerne les macrofaunes (ammonites en particulier) et les microfaunes (foraminifères planctoniques). Ce sont les principales raisons pour lesquelles une réhabilitation du Vraconnien comme étage à part entière est proposée ici. \nLe Vraconnien en 2008 \n• Limite inférieure. La base du Vraconnien est prise à la première apparition de l'ammonite Mortoniceras (Mortoniceras) fallax (BREISTROFFER). \n• Limite supérieure. C'est la base de l'étage Cénomanien qui coïncide avec la première apparition du foraminifère planctonique Rotalipora globotruncanoides SIGAL (= R. brotzeni (SIGAL)) selon les recommandations du Second Symposium sur les limites des étages du Crétacé tenu à Bruxelles en 1995 (TRÖGER & KENNEDY, 1996). \n• Coupe-type. Pour répondre aux critères élaborés par la Commission stratigraphique internationale, toute coupe candidate pour la définition d'une limite d'étage doit être dilatée, dépourvue de discontinuité importante, facile d'accès, permanente et fossilifère. Deux coupes en cours d'investigation semblent présenter un bon potentiel : le Mont-Risou dans le bassin du Sud-Est de la France où est déjà définie la limite inférieure du Cénomanien et les environs de Kalaat Senan en Tunisie centrale. \n• Durée. Les analyses cyclostratigraphiques (FIET et alii, 1998) confèrent au Vraconnien une durée de 2,4 ± 0,2 Ma. Cette durée est équivalente à celle d'un étage comme le Santonien (2,3 Ma). En considérant la limite inférieure de l'étage Cénomanien à 98,9 Ma (GRADSTEIN et alii, 1994), la base du Vraconnien peut être placée par extrapolation à 101,3 Ma. \n• Zonation par les ammonites. Trois zones d'ammonites sont admises actuellement dans le Vraconnien du Nord-Ouest de l'Europe, du bas vers le haut les : \n• IZ à Mortoniceras (Mortoniceras) fallax ; \n• TRZ à Mortoniceras (Subschloenbachia) perinflatum ; \n• IZ à Arrhaphoceras (Praeschloenbachia) briacensis. A. (P.) briacensis étant un Hoplitidae dont la répartition géographique est limitée à la province nord-européenne du domaine boréal, une solution alternative à la zonation actuelle pourrait être fondée dans l'avenir sur la lignée phylétique des Stoliczkaiinae, cosmopolites, avec la succession Neophlycticeras (Neophlycticeras) blancheti, Stoliczkaia (Stoliczkaia) dispar, Stoliczkaia (Lamnayella) tetragona ou S. (Shumarinaia) africana. \n• Zonation par les foraminifères. L'étalonnage des zones de foraminifères par rapport aux zones d'ammonites n'est pas encore complètement élucidé. Cependant, dans l'état actuel des connaissances, le groupe de travail sur les foraminifères planctoniques a retenu l'apparition de Rotalipora appenninica (RENZ) pour marquer la base du Vraconnien. \n• Zonation par le nannoplancton calcaire. Le taux de spéciation plus faible du nannoplancton calcaire par rapport aux ammonites et aux foraminifères conduit à définir des zones larges qui débordent les limites du Vraconnien. Toutefois, l'apparition d'Eiffellithus turriseiffeli (DEFLANDRE) se situe aux confins de la limite entre les zones d'ammonites à M. (S.) perinflatum et à A. (P.) briacensis.
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